Les nuits australes

Amis du pôle sud, bonjour !

C’est dans la joie, la bonne humeur et le blizzard avec des rafales à 200 km/h que je vous retrouve. J’avais vraiment hâte de partager avec vous les plus belles photos des nuits australes de ce début d’hivernage. Dans cet article, je vous présente en majorité des photos prises par mes co-hivernants. Ils ont une plus grande expérience que moi des subtilités de la photo de nuit !

En ce moment, les nuits s’allongent inexorablement, et nous offrent un spectacle fascinant et émouvant. Réussir à les immortaliser demande de l’entraînement, une bonne connaissance de son matériel photo et des réglages qui donneront un rendu réaliste. Bien sur, c’est seulement lorsque les éléments nous le permettent… Or, les mois de mars et avril sont ceux pendant lesquels il y a le plus souvent des vents forts et des chutes de neige importantes.

Aussi lorsque les conditions sont réunies, nombreux sont ceux qui se préparent pour une longue soirée de photographie. Ce qui demande d’être franchement bien couvert, le ressenti la nuit étant proche de -40°C. Lorsque l’on prend des photos, on est très statique et ce sur une longue période, on a alors rapidement froids aux extrémités, même si on est bien équipé !

Pour ma part, je commence à me familiariser avec mon boitier Olympus OM-D E-M10. Avec les conseils de mes camarades, j’ai réussi à prendre mes premières photos d’une partie de la voûte céleste :

 

Je suis plutôt contente du résultat, car il est très proche de ce que l’on voit à l’œil nu ici. Mais ce n’est qu’une petite partie du ciel et je vous préviens, ce n’est rien en comparaison des performances des mes collègues !

Voici quelques jolies photos du ciel austral, qui semble irréel et enchanté (le rayon vert que vous voyez est le LASER dont je m’occupe, instrument du programme scientifique « Ozone polaire » de l’IPEV, pour lequel je travaille) :

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Il faut être conscient que sur ces photos, les réglages choisis par le photographe accentuent les tons bleus-violets. A l’œil nu, on voit un ciel noir avec des étoiles blanches, bleutées et orangées à la limite. Quand à la voie lactée, que l’on voit parfaitement et aussi bien que possible depuis la Terre, je dirais qu’elle est blanchâtre, et non bleutée ou dorée comme sur certaines photos.

Les capteurs des appareils photos sont en fait capables de voir un spectre de couleurs plus large que nous. De plus, les réglages photographiques permettent d’accentuer certaines couleurs et de faire apparaître des phénomènes lumineux que l’on ne voit pas à l’œil humain ! Dans les deuxième et troisième photos ci-dessus, vous pouvez voir de légères aurores australes. Dite vous bien que c’est parce que le temps d’exposition du capteur était important, ce qui permet de faire apparaître sur ces photos des éléments  que l’on  ne voyait pas en la prenant.

Maintenant que cela est mis au clair, je peux vous montrer la suite des photos, sachant que vous êtes des spectateurs avertis !

Voici les aurores australes les plus majestueuses et intenses que l’on ai observé ici, jusqu’à maintenant :

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Celle de la première photo à eu lieu courant mi-mars, et se voyait à peu près comme la seconde à l’œil nu. C’est à dire moins intensément, avec pas mal de vert et un peu de rose-doré parfois. La seconde à eu lieu quelques jours plus tard, se voyait à peine et paraissait blanchâtre. Cette dernière était moins intense, et dans ce cas, on ne distingue pas les couleurs de l’aurore, seulement une légère lueur blanche dans le ciel.

Question dynamique, il faut aussi que l’aurore soit intense pour la voir bouger. Le drapé lumineux ondule alors légèrement, et les colonnes les plus lumineuses scintillent en montant et descendant  🙂

Les aurores, qu’elles soient boréales ou australes, sont le résultat visible d’un phénomène physique, les tempêtes magnétiques solaires. De façon épisodique, le soleil émet un flot de particules chargées qui atteignent entre dans notre atmosphère au niveau des pôles. Ces particules réagissent avec certains éléments dont l’atmosphère est composé, il y a alors émission de lueurs colorées…

Une dernière avec un coucher de soleil en prime…

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Pour finir, je vous laisse avec un autre coucher de soleil splendide, caché derrière un voile nuageux. Je trouve que la photo est prise juste au bon moment, lorsqu’il fait suffisamment nuit pour que quelques étoiles apparaissent et alors que le soleil n’est pas encore complètement parti…

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A bientôt tout le monde,

Aurore-Australement,

Anne-Gaëlle.

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Au fil de l’eau

Bonjour à tous !

Je vous retrouve aujourd’hui pour faire une balade au fil de l’eau glacée antarctique 🙂 Avant tout, je voudrais particulièrement remercier mes amis plongeurs de l’équipe scientifique « Révolta » : Erwan, Laurent et Julien. Ils m’ont permis d’aller voir ces icebergs de près et de pouvoir prendre ces belles photos pour vous.

Quittons la base en zodiac avec eux pour aller voir le paysage qui entoure la base :

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DDU vue depuis l’eau

Regarder ce petit cailloux ou nous allons vivre tout l’hiver depuis l’eau est magique. En effet, DDU est un ensemble de bâtiments nichés sur l’île des Pétrels, à quelques kilomètre du continent Antarctique. En hiver, la banquise emprisonne l’île et nous relie au continent, les possibilités de balades sur la banquise sont infinies. En été, la banquise fond autour de l’île et le périmètre de déplacement à pied est alors plutôt restreint. Mais cela nous laisse la possibilité d’explorer les environs en naviguant !

Voici un des icebergs les plus proches de la base, qu’on appelle ici « Le Chou-Fleur ». Il est seulement à quelques minutes en zodiac de la base. En s’approchant, on s’aperçoit qu’en fait il est scindé en deux bergs distincts : un sur notre gauche en forme de meringue, et l’autre à droite plus plat et allongé. Passons entre les deux pour le plaisir des yeux  🙂

L’iceberg de droite se reflète parfaitement dans l’eau pure et glacée :

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Trouvez l’intrus ! 🙂 C’est un petit manchot Adélie curieux qui vient nous saluer…

Celui de gauche est tout aussi éblouissant, les dégradés de bleus qui m’entourent vont du sombre et profond au turquoise pétillant. Ce spectacle est à la fois réjouissant et apaisant, dans un silence total, seulement interrompu par le vent qui s’engouffre entre les icebergs et les clapotis de l’eau sur la glace. Nous sommes très chanceux d’être ici, il n’y a pas de doute !

Autour des bergs il y a notamment des amas de glaces, qui viennent du « Glacier de l’Astrolabe » tout proche, et qui se déversent régulièrement dans l’océan.

En faisant le tour de cet iceberg en forme de meringue, on passe du côté de la face ensoleillée. On peut alors voir à la base du berg sa partie émergée, son reflet dans l’eau et sa partie immergée (photo de gauche ci-dessous). L’eau entourant l’iceberg à cet endroit est bleue turquoise, et n’as rien à envier aux eaux des îles paradisiaques du reste du monde…

J’arrive en fin d’article encore une fois, et le prochain est pour très bientôt c’est promis !

Sachez que les photos précédentes ont été prises en plein été austral, il y à deux mois environ. Actuellement nous entrons dans l’hiver austral, et le temps est plus au blizzard et à la neige ^^. La  banquise commence à se reformer autour de la base et nous allons pouvoir nous déplacer dessus prochainement :

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La banquise se reforme doucement

Vous pouvez voir sur cette photo que ces derniers jours,  la glace se forme peu à peu en surface de l’eau. La glace recouvrira bientôt l’océan jusqu’à perte de vue !

Je vous dit à très vite amis lecteurs,

Iceberguement,

Anne-Gaëlle.