Une journée à DDU

Amis du pôle sud de la Terre, bonsoir !

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas posté un article. Je m’en excuse, le rythme de vie sur la base ne m’as pas laissé le temps d’écrire récemment ! Et puis les fêtes de fin d’année étant passées par là…

Il n’empêche que je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2016 !

VoeuxDDU2016_reduite

Certains d’entre vous ( très chanceux ) recevrons « bientôt » une lettre pour l’occasion 🙂 N’hésitez pas à m’envoyer un mail avec votre adresse postale ( en France ou ailleurs ) si vous aimeriez recevoir une missive des contrées Antarctiques.

Pour me racheter une conduite, je vous ai préparé plusieurs articles dans la foulée… Le premier sur les bâtiments principaux de la base, ceux qu’on traverse forcément lors d’une journée classique à DDU 🙂 Dans celui qui suivra, je vous parlerai des animaux avec lesquels on vit ici et qui font partis de notre quotidien. Enfin je pense vous ravir les yeux avec un prochain article rassemblant des photos des mes premiers couchers de soleil  en Antarctique…

Pour aujourd’hui, faisons un tour de la base ensemble. On commence par le dortoir des hivernants ci-dessous, qui nous abritera du froid et du vent pour l’année à venir. Il peut accueillir une cinquantaine de personnes environ, dans des chambres doubles, qui deviennent individuelles à la fin de l’été austral.

Personnellement j’y dort très bien, et en plus on à une vue imprenable sur la mer en été et la banquise en hiver depuis ma chambre :

Lorsqu’on se réveille pour aller au petit-déjeuner (entre 6h et 8h), on emprunte une des nombreuses passerelles métalliques qui relient les bâtiments principaux de la base. Voici le chemin le plus court pour aller du dortoir au séjour  :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Passerelle dortoir-séjour

Le réfectoire est spacieux, et la salle détente/jeux attenante contient un billard, un baby et une bibliothèque régulièrement approvisionnée.

 Ensuite chacun rejoint le bâtiment ou il travaille pour la matinée, dans mon cas il s’agit du laboratoire de géophysique pour l’instant. L’électronicien et l’informaticien travaillent dans le même bureau que moi, qui est très grand.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Laboratoire géophysique

Vers midi, tout le monde se retrouve au séjour pour le déjeuner et le café. C’est le moment privilégié pour échanger avec tout le monde avant de se re-dispatcher pour l’après midi 🙂

Je m’arrête ici car je suis limitée en nombre de photos par article. Je vous retrouve bientôt pour la suite de cette journée à DDU ensemble ! J’ai encore pleins de photos en réserve pour vous,

Dumont D’Urvillement,

Anne-Gaëlle.

Paysages glaçés

Bien le bonjour les amis !

Je vous retrouve pour un article au titre prometteur n’est ce pas ?

J’ai eu la chance de voir des paysages magnifiques dans la deuxième partie de ma traversée en bateau.

Au début, quelques morceaux de glace sont apparus ici et là dans l’océan. Petit à petit ce sont des plaques de banquise qui défilaient de part et d’autre du bateau. Et finalement, ce sont des icebergs de taille impressionnantes qui ont remplis l’horizon.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Premières plaques de banquise

Je ne vous cache pas que l’émotion et l’excitation étaient au rendez vous pour tout les passagers, et même l’équipage qui y est habitué, avait les yeux qui brillait en regardant les paysages glacés qui s’offraient à nous jour après jour…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Iceberg du matin

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Un canyon dans l’iceberg

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

On frôle un iceberg !

On ne reste pas de glace devant cet échantillon de bleus froids

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Bien heureuse de poser pour vous !

Et comme si ça n’était pas suffisant, les choses deviennent encore plus belles lorsque le soleil se couche presque.

Face au soleil : des tons chauds à l’avant du bateau.

Dos au soleil : des couleurs tout droit sorties d’un rêve…

Enfin quelques images de nos amis les manchots Adélie et Empereur qui s’apprêtent à prendre un bon bain et à aller se nourrir !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les manchots Adélie qui sont super dynamiques et marrants

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les manchots Empereur majestueux, qui aiment glisser sur leur ventre

J’espère que les photos vous plairont, j’ai mis beaucoup de temps à les télécharger !

Une dernière pour finir, ma préférée jusqu’à maintenant 🙂

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Lumière de minuit sur un iceberg

A bientôt,

Anne-Gaëlle.

Le voyage

Bonjour à tous !

Je vous écris enfin depuis la base de Dumont D’Urville, non sans excitation ! Je suis arrivée il y a quelques jours, et la découverte de la station et des personnes sur place m’occupe pleinement pour l’instant.

Pour vous raconter les événements de la semaine dernière, voici un article que j’ai écrit lorsque j’étais sur le bateau :

Tout d’abord, il a fallu beaucoup d’heures d’avion (environ 28H) et d’attente (environ 15H) dans les aéroports d’Hong-Kong et Melbourne pour arriver ici.

Ensuite un passage express dans la ville portuaire d’Hobart, pas le temps de s’attarder faire du shopping. Un bus nous amène du petit aéroport local au quai où nous attend l’Astrolabe, et moi je suis bien contente d’en avoir fini avec les avions !

On embarque dans l’après midi sur le bateau et le départ est prévu pour le lendemain matin tôt.

La traversée en bateau :

A en croire le capitaine, la traversée est calme par rapport à d’habitude…pourtant j’ai la nausée en continu, même si on m’a mis le patch et les cachets contre le mal de mer !

Le seul moment ou on se sent mieux, c’est quand on est endormi, donc je dors au maximum. Maintenant, même dormir n’est pas simple a bord de l’Astrolabe …

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ma couchette

Il faut faire preuve d’inventivité dans la mise en place de sa couchette : le fort roulis (balancement de tribord a bâbord et inversement) est continu et rend le sommeil périlleux !

On a parfois l’impression de décoller de sa couchette, les affaires valsent toute la nuit d’un bout a l’autre des chambres…Pour dormir il faut donc remplir sa couchette de sacs et d’affaires de chaque coté de son corps pour ne pas rouler continuellement et violemment dans sont lit…bonne nuit ! Je me demande juste ce que cela soit donné quand le temps n’est pas « calme » ( on m’as répondu que dans ce cas des gens se blessait carrément…moi je m’en tire avec quelques bleus seulement, ouf 🙂 )

Sinon on mange très bien à bord du bateau, un cuisinier prépare des plats frais pour ceux qui arrivent encore à manger. Pour ma part certains repas sautent vu que je dors pour ne pas être encore plus malade. En tout cas il y a des biscuits, des fruits, des boissons chaudes et froides à disposition. Pour ma part j’ai parfois enchaîné plusieurs repas sous forme de petit déjeuner…

Dans la cuisine, qui est au pont inférieur, il y a un petit hublot très rustique par lequel on regarde la mer lors des repas…on a alors l’impression d’être dans une machine à laver, le bateau penche tellement que le hublot se retrouve submergé par de l’eau et de l’écume :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Hublot presque submergé

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Hublot carrément submergé

J’essaye de prendre des notes à vif pour vous chers lecteurs, mais sachez que lire ou écrire ou taper et très difficile à  bord, cela vous rend malade en quelques minutes…

 Quand il n’y a pas trop de vent, il est très agréable de sortir sur le pont et de regarder la mer. Même si le bateau penche tellement qu’on a l’impression qu’on va tomber dans l’eau…On peut aussi monter voir le capitaine et admirer le paysage bien au chaud :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La capitainerie

Je vais m’arrêter la car cet article commence à être assez long à lire pour vous ! En tout cas, sachez que depuis que nous sommes montés sur le bateau, tous le monde n’attend qu’une chose : voir enfin les premiers morceaux de glace dans cette immense océan.

Ce sera la récompense de ces longs jours de voyages !

J’ai infiniment hâte d’y être et de vous montrer cela en photos bien sur 🙂

 Astrolabement,

Anne-Gaëlle.

Se préparer au départ

Bonjour, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel article !

Le départ approche et je dois dire que j’ai hâte d’y être enfin ! Mais avant de partir, il faut bien se préparer à l’idée de travailler un an en isolement sur le continent glacé.

Aujourd’hui, je vais donc vous expliquer les différentes étapes nécessaires pour partir dans les meilleures conditions.

Le séminaire des hivernants

Il a lieu tout les ans dans les locaux de l’IPEV à Brest. L’objectif est de permettre aux futurs hivernants de se rencontrer et d’acquérir les connaissances de terrain pour chacune des bases. En effet chacune d’entre elles possède des spécificités et contraintes, dont il faut avoir conscience avant de partir. La majeure partie de ce séminaire était dédiée à la présentation des bases, des conditions d’accès et de vie sur place, ainsi que des difficultés médicales et psychologiques que représente un tel isolement. J’estime qu’avec un médecin présent toute l’année sur place, ainsi que l’expérience de l’institut polaire en la matière, je pars dans des conditions de sécurité optimales !

En tout cas, la station de Dumont D’Urville semble être assez accueillante: les températures varient entre 0°C en été et – 35°C en hiver, elle est située au bord du continent Antarctique et donc accessible par bateau/hélicoptère en été (mais totalement isolée en hiver). La capacité d’accueil maximale étant de 100 personnes en été contre 25 en hiver.

Cela peut sembler rude, mais ce n’est rien en comparaison aux conditions extrêmes de l’autre station française, Concordia. Là-bas la température chute jusqu’à – 80°C environ en hiver, et on se situe sur un plateau à 3200 m d’altitude à 1100km à l’intérieur du continent…

Les formations préparatoires :

Chaque hivernant à une fonction bien définie sur base, qu’il soit dans l’équipe technique ou scientifique. Mais sur place, un certain esprit d’entraide est attendu de la part de chacun, pour que la base fonctionne toute l’année correctement.

Pour cela, nous avons dédié les trois mois précédant le départ à tout un panel de formations. Elles peuvent prendre des formes aussi différentes qu’une habilitation électrique ou un séjour intensif de secourisme en haute montagne. La majorité des formations concernent la familiarisation avec l’instrumentation des programmes scientifiques en cours. Le degré d’approfondissement variant selon le poste de la personne concerné.

Il faut bien comprendre que la vocation des bases est de permettre le déroulement d’activités scientifiques très variées. La mission de l’institut polaire français est de fournir les moyens logistiques et humains pour remplir cet objectif. L’IPEV prend ainsi en charge la formation à la vie sur base de profils professionnels très différents : médecin, chauffagiste, ornithologue, mécanicien, glaciologue, plombier…

La logistique du voyage :

Le voyage est une partie importante de l’aventure. La plupart d’entre nous vont prendre l’avion, puis un bateau et finalement un hélicoptère pour se rendre à DDU. Nos affaires personnelles ont quand à elles été envoyées par bateau il y a déjà trois mois, et nous attendent sur place. Nous avons le droit d’envoyer jusqu’à trois malles de 40 Kg d’effets personnels. Souvent seulement deux suffisent pour toute l’année.

Nous partirons prochainement de Paris, pour voler vers Hong-Kong puis Sidney. Enfin nous prendrons un dernier vol de Melbourne à Hobart en Tasmanie, cela correspond à peu près à 30 heures de voyage cumulées. C’est la que l’Astrolabe, mythique navire de l’IPEV, nous attend. Il entre dans sa dernière année de service et assure la liaison entre Hobart et la base de Dumont D’Urville pendant l’été austral ( de novembre à mars ) :

astro-2

Copyright alenversdelaterre.e-monsite.com

AstrolabeThibautVERGOZ-InstitutPolaireFrancaisIPEV

L’Astrolabe fend la glace – Copyright thibautvergoz-institutpolairefrancaisipev

La traversée dure environ 10 jours, et promet d’être inoubliable ! Nous devrons affronter les 40ème rugissants et les 50ème hurlants, les pires parallèles en mer d’après les marins… N’hésitez pas à suivre la position Argos du bateau à partir du 27 novembre lors de notre voyage 🙂

Enfin l’hélicoptère stocké dans la cale de l’Astrolabe nous permettra de parcourir les quelques derniers kilomètres de banquise nous séparant de la base.

Helicoptere-Astrolabe-Base-dumont-urville-Octobre-2005

Copyright Samuel Blanc

En effet, le bateau ne peut plus accoster directement à la base depuis que les conditions climatiques entraînent un manque de débâcle de la banquise. L’hélicoptère sert aussi à acheminer des vivres et des cuves de fuel du bateau aux hangars de la base par exemple.

A très bientôt pour mon dernier post avant le départ, qui à été repoussé au 25 novembre au regard des conditions de glace près de la base,

Anne-Gaëlle.

Article Pilote

Bonjour à tous, voici venu le grand jour du premier article 🙂

Vous devez vous demander ce que vais faire au bout du monde pendant 1 an, par – 30°C, avec 7 mois de nuit presque totale ! Je vais vous expliquer tout ça au fil de mes articles, en commençant par vous présenter les principaux acteurs de cette formidable aventure qui commence.

J’ai l’honneur de vous présenter tous les hivernants de l’institut polaire français ( l’IPEV ) pour l’année 2016. Nous allons tous hiverner dans les différentes Terres Australes et Antarctiques Françaises ( les TAAF ) : les îles de Kerguelen, Crozet et Amsterdam dans l’océan indien, ainsi que les bases de Dumont D’Urville (DDU) et Concordia ( ou Dôme C ) sur le continent Antarctique !

HivernantIPEV2015-2016-1024x683

Hivernants 2016 au complet (Copyright InstitutPolaireFrancaisIPEV)

Pour ma part, je vais hiverner à DDU en compagnie d’une vingtaine d’autres collègues cette année. Un hivernage, c’est une période d’un an que l’on passe sur une base, pour assurer le suivi des missions scientifiques en cours. Pour cela, une équipe d’hivernants est sélectionnée chaque année par l’institut polaire français. Une multitude de métiers sont représentés : menuisier, pâtissier, plombier, électricien, mécanicien du côté des techniques par exemple ainsi que glaciologue, écologue, ornithologue, chimiste, biologiste et physicien du coté des scientifiques. Voici donc les hivernants de la TA66, soit la 66 éme mission en Terre-Adélie :

TA66-HivernantIPEV2015-2016-1024x683

Hivernants DDU 2016 ( Copyright InstitutPolaireFrancaisIPEV )

Tout ce joyeux monde va travailler de concert pour garantir un hivernage réussi et en toute sécurité à tout le monde. LE maître mot sur base : sécurité. Eh oui, le premier hôpital est à ….  plusieurs jours de voyage en été, et inatteignable en hiver ! C’est pour cela que chacun d’entre nous va être formé, dès les premières semaines sur base,  à un poste supplémentaire lié à la sécurité. Nous aurons le choix entre la formation de pompier, de brancardier ou de paramédical, ça promet !

La préparation au départ est une part importante de l’aventure, c’est pourquoi mon prochain article relatera les grandes étapes de cette phase clé : le séminaire des hivernants, les formations pré-départ et la logistique du voyage vers les bases.

J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche pour la suite, le prochain article est pour très bientôt !

Antarctiquement vôtre,

Anne-Gaëlle.