[2] Les animaux de DDU

Chers lecteurs, bonsoir !

L’hiver bat son plein sur la base de Dumont D’Urville, ici nos amis, j’ai nommé le vent, la neige et le froid, nous rendent souvent visite, impossible d’être déçu du voyage 🙂

Mes co-hivernants et moi-même nous apprêtons à passer un cap important: la moitié du temps de mission sera bientôt écoulé. A cette occasion, la plupart des bases antarctiques s’échangent des cartes de vœux personnalisées, je ne manquerai pas de partager la nôtre avec vous. Pour célébrer cet étape importante de notre hivernage, nous préparons aussi une semaine haute en couleurs, qu’on appelle la « Mid-Winter », pendant laquelle le rythme de la base est bousculé, les activités festives et en plein air mises à l’honneur !

Venons en au sujet du jour, la suite de la présentation en photo des animaux que l’on peut rencontrer aux alentours de la base. Encore une fois cette article regroupe les photos de plusieurs de mes camarades, prises sur le vif pendant leur travail ou au cours d’une balade récréative. J’en profite pour vous donner le lien du blog de Julien Vasseur, un des ornithologues de la base : http://jv-en-terre-adelie.blogspot.fr/.

TriodEmpereurs

Trio d’Empereurs se réchauffant les uns aux autres

Commençons par une espèce qu’on peut qualifier d’emblématique de l’endroit : les manchots Empereurs. Leur mode de vie très spécifique, adapté à l’environnement unique dans lequel ils évoluent. Vous pouvez en apprendre d’avantage en regardant le film « La marche de l’Empereur » qui leur est consacré.

IMG_4904

Duo de manchots Empereurs

Ce sont des oiseaux marins, très agiles dans l’eau dans laquelle ils vont se nourrir en parcourant de grandes distances sur la banquise. Sur terre par contre, il faut bien admettre qu’ils sont plus…patauds, leur démarche caractéristique est inoubliable: ils se balancent d’une patte sur l’autre en traînant péniblement leur gros ventre. Ce qui contraste avec leur port de tête majestueux, ces animaux énigmatiques ont finalement beaucoup d’allure :

IMG_4725

Le plumage fascinant d’un manchot Empereur

Passons à l’espèce suivante,  et pas la moindre, le  Skua Antarctique ! Ces oiseaux opportunistes  se nourrissent de toute viande fraîche, ou pas d’ailleurs, à portée de bec… Leur plumage est composé d’un dégradé de marrons avec des zones blanches sur les ailes. Ci-dessous vous pouvez voir un Skua qui vient d’attraper un poussin de manchot Adélie pour son goûter :

squaw_avec poussin adelie

Un Skua emportant son butin

Ce sont des oiseaux à l’air renfrogné, ils défendent ardemment leur territoire, en becquetant les passants s’il le faut ! Ils quittent la base en début d’hiver austral faute de  nourriture suffisante.

Lorsqu’ils sont encore poussins, on ne se doute presque de rien, avec leur duvet tout doux, ils ont  l’air plutôt innocents :

poussin skua antarctique

Un poussin Skua duveteux

Viens le tour des Pétrels des neiges, oiseaux assez petits, au plumage d’un blanc immaculé, contrastant avec leurs pattes et becs noirs. Ils nichent un peu partout dans les collines de cailloux entourant la base durant l’été austral.

IMG_5555

Couple de Pétrels de neiges

Les petits Wilsons font partis de mes préférés, ils sont tout foncés à l’exception d’une bande blanche sur l’arrière-train :

LittleWilson

Photo de Clément Cornec

Les Fulmars antarctiques ont eux élus domicile dans une falaise tout près de la base, où ils ont eu leurs poussins en début d’hiver. Depuis ils ont quittés les abords de la base, comme tout les autres oiseaux à part les manchots Empereurs d’ailleurs.

IMAGE 3

Un Fulmar bec ouvert

Les Damiers du cap: leur plumage fait l’effet d’un damier noir et blanc au niveau des ailes, c’est vraiment beau, la preuve !

DamierCap

D’une toute autre échelle de taille,  les Pétrels géants antarctiques, carnivores, d’envergure pouvant atteindre environ les 2 mètres. Il est rare d’en apercevoir, car ils nichent assez loin de la base et sont peu nombreux.

PHOTO9

Pétrel géant qui se repose

IMG_3887

Pétrel géant en vol

On enchaîne sur les mammifères marins : je vous présente ces messieurs dames les phoques de Weddell. Ils ont vraiment une bouille adorable n’est ce pas ? Après s’être nourrit en mer, ils viennent se reposer sur la banquise derrière la base. On peut alors voir les trous qu’ils empruntent pour entrer et sortir par la glace, et faire attention à ne pas mettre le pied dedans !

7

Ce grassouillet phoque de Weddell vous salut !

Et enfin, quasiment au sommet de la chaîne alimentaire du coin, le fameux Léopard des mers ! Rien qu’à son nom on sait à quoi s’en tenir, ce terrible prédateur des environs se nourrit de krill, de poissons et aussi parfois de manchots et de phoques. Pour ce faire il les déchiquette à grand renfort de secousses une fois la proie entre ses dents, un spectacle impressionnant.

IMG_7542

Il à l’air d’avoir un petit creux non ?

Je vous laisse en espérant que ces photos uniques vous plaisent autant qu’à moi 🙂

Encore une chose, voici un lien vers le blog officiel de notre district, tenu par notre chef de base, un article comprenant de nombreuses photos de nos bâtiments de vie vient d’être posté : http://terreadelie-antarctique.blogspot.fr/. Vous y trouverez en prime la description de plusieurs métiers exercés sur la base !

Hivernalement,

Anne-Gaëlle.

 

Publicités

Une journée à DDU – la suite

Alors comme promis, nous continuons notre visite de la base en photo !

J’ai deux bureaux sur la base ( la chance ! ), le premier ci-dessous, auquel je travaille actuellement, dans le bâtiment dit « GéoPhy ». Comme vous pouvez le voir les installations sont modernes et on travaille dans les mêmes conditions qu’en métropole.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Bureau Lidar au labo géophysique

Mon deuxième bureau est plus excentré, il s’agit de « l’abri Lidar », dans lequel je ferais mes mesures optiques durant les longues nuits d’hiver. Je vous ferai bien sur un article sur le travail que je suis venue faire ici, avec des photos de l’abri et des mes instruments ( laser et télescope ) éventuellement 🙂

Parmi les bâtiments incontournables de la base, il y a :

La gérance postale, qui  permet d’envoyer et recevoir des lettres et colis du monde entier. Tout le monde aime s’y rendre régulièrement pour acheter des enveloppes, des cartes et des timbres uniques, qu’on ne trouve qu’ici ! Les tampons postaux personnalisés chaque année font aussi fureur 🙂

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Gérance Postale de DDU

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le « Post-Office »

La centrale électrique, qui alimente toute la base en énergie grâce au fioul apporté par bateau.  Ici la consommation électrique ( comme celle de l’eau d’ailleurs ) est surveillée en permanence, des alarmes retentissent régulièrement pour signaler la moindre anomalie dans le réseau. De plus il y a toujours quelqu’un de garde à la centrale, de jour comme de nuit…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Organe vital : la centrale électrique

Enfin les hangars à vivres, qui contiennent les réserves de nourritures congelées, au sec, ou simplement conservées à +4°C.  La diversité et la quantité de vivres stockés sont impressionnantes. Il paraît qu’on peut tenir deux ans avec au cas ou on manquerait des ravitaillements 😉

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les hangars à vivres

Lorsque l’on à fini son après midi de travail, on se rejoint vers 18h au séjour pour prendre un verre et/ou discuter en attendant le dîner qui est à 19h. Après le repas, il n’est pas rare que l’on joue a des jeux de société au salon, ou qu’une activité soient mise en place. Par exemple une fois par semaine nous avons un cours de danse Folk au son de la cornemuse de notre ami le menuisier. On projette régulièrement des films sur un grand écran dans le salon, ou bien des équipes scientifiques font des présentations sur leur travail en Antarctique. On ne s’ennuie donc pas à DDU !

De retour au dortoir pour la nuit, on ne manque pas de saluer notre médecin et notre chef de District (dit « Le Dista ») au passage. Voici l’infirmerie et l’hôpital ci-dessous, ainsi que le bureau du chef de District :

Eh bien voilà, je pense en avoir fini pour la visite des endroits dans lesquels je vais le plus souvent. Bien sur il y a d’autres laboratoires et bâtiments répartis sur la base : celui des ornithologues, des glaciologues, du personnel technique… Je vous les présenterai surement dans l’année, pour l’instant je ne m’y rend qu’occasionnellement !

Pour finir j’aimerai rendre hommage à mes amis campagnards d’été et hivernants de la TA65, qui ont pris l’Astrolabe pour rentrer il y à deux jours. Ils voguent maintenant vers de nouveaux horizons et nous manquerons beaucoup. Partager cette campagne d’été avec vous a été un grand bonheur 🙂

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’Astrolabe et ses occupants nous quitte

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Deux hivernants perchés font leurs adieux !

Toujours Dumont D’Urvillement,

à bientôt,

Anne-Gaëlle.

Article Pilote

Bonjour à tous, voici venu le grand jour du premier article 🙂

Vous devez vous demander ce que vais faire au bout du monde pendant 1 an, par – 30°C, avec 7 mois de nuit presque totale ! Je vais vous expliquer tout ça au fil de mes articles, en commençant par vous présenter les principaux acteurs de cette formidable aventure qui commence.

J’ai l’honneur de vous présenter tous les hivernants de l’institut polaire français ( l’IPEV ) pour l’année 2016. Nous allons tous hiverner dans les différentes Terres Australes et Antarctiques Françaises ( les TAAF ) : les îles de Kerguelen, Crozet et Amsterdam dans l’océan indien, ainsi que les bases de Dumont D’Urville (DDU) et Concordia ( ou Dôme C ) sur le continent Antarctique !

HivernantIPEV2015-2016-1024x683

Hivernants 2016 au complet (Copyright InstitutPolaireFrancaisIPEV)

Pour ma part, je vais hiverner à DDU en compagnie d’une vingtaine d’autres collègues cette année. Un hivernage, c’est une période d’un an que l’on passe sur une base, pour assurer le suivi des missions scientifiques en cours. Pour cela, une équipe d’hivernants est sélectionnée chaque année par l’institut polaire français. Une multitude de métiers sont représentés : menuisier, pâtissier, plombier, électricien, mécanicien du côté des techniques par exemple ainsi que glaciologue, écologue, ornithologue, chimiste, biologiste et physicien du coté des scientifiques. Voici donc les hivernants de la TA66, soit la 66 éme mission en Terre-Adélie :

TA66-HivernantIPEV2015-2016-1024x683

Hivernants DDU 2016 ( Copyright InstitutPolaireFrancaisIPEV )

Tout ce joyeux monde va travailler de concert pour garantir un hivernage réussi et en toute sécurité à tout le monde. LE maître mot sur base : sécurité. Eh oui, le premier hôpital est à ….  plusieurs jours de voyage en été, et inatteignable en hiver ! C’est pour cela que chacun d’entre nous va être formé, dès les premières semaines sur base,  à un poste supplémentaire lié à la sécurité. Nous aurons le choix entre la formation de pompier, de brancardier ou de paramédical, ça promet !

La préparation au départ est une part importante de l’aventure, c’est pourquoi mon prochain article relatera les grandes étapes de cette phase clé : le séminaire des hivernants, les formations pré-départ et la logistique du voyage vers les bases.

J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche pour la suite, le prochain article est pour très bientôt !

Antarctiquement vôtre,

Anne-Gaëlle.